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LA CHINE

La Chine est le pays de tradition du thé et le théier de Chine est un des deux principaux types de théiers (avec l’Assam) qui, en majorité, couvrent le monde de splendides tapis verts. Historiquement, la Chine est le plus ancien producteur et exportateur de thé et représente aujourd’hui un pays inépuisable en matière de thé. Une douzaine de provinces dans la moitié sud (Yunnan, Sichuan, Fujian, Anhui, Hunan, Zhejiang, Jiangsu, Henan, Hubei, Guangdong, Guangxi, Jiangxi et Guizhou) produit des thés aussi variés et différents que possible avec, pour certains, des qualités hors du commun. Les Chinois cultivent le théier en étage. Le relief n’est en aucun cas un obstacle pour eux. Une vie ne suffit pas pour connaître tous les thés chinois », dit un proverbe. « Le pays au 10 000 thés » produit 750 000 tonnes par an, sur 19 provinces.


Sichuan

Proche du Tibet et du Yunnan, le Sichuan a peut-être été la première province de Chine ou germa un théier. Il produit 70 000 tonnes de thés par an, parmi les meilleurs, aussi bien verts, noirs, que oolong ou thés en brique. Mais le plus fameux d'entre eux est un thé jaune : le Meng Ding Huang Ya (« Pic Masqué »).

Yunnan

La province produit 80 000 tonnes par an de thés de très haute qualité. Le climat idéal, le relief bien irrigué et un savoir-faire éprouvé depuis plusieurs siècles, voilà les principaux facteurs de l'immense valeur des thés du Yunnan. Pour les thés verts et blancs, citons le Silver Hill et le Yu Yu Cha, thés suaves, subtils et désaltérants. Pour le thé rouge, le Golden Xian, le Shen xian se caractérisent par leur puissance camouflée par de délicieuses rondeurs.

Les Pu'Er : Ils sont récoltés quatre fois dans l'année. Après avoir été roulées, les feuilles sont séchées à l'air libre, puis vaporisées d'eau jusqu'à ce qu'elles s'assouplissent à nouveau. Après quoi, elles sont compressées dans des moules aux formes diverses dans lesquels elles fermenteront lentement en cave.

Fujian

C'est l'une des plus prolifiques provinces de Chine. (140 000 tonnes par an, soit 20% du tonnage annuel chinois). La gamme est des plus variées : thés rouges (Panyong, jin Hou), fumés (Lapsang-Souchong), blancs (Bai Mu Tan). La région est aussi et surtout la terre d'origine des oolong, ces thés bleu-vert en voie de fermentation. Enfin, les thés parfumés au Jasmin sont une grande tradition, ils atteignent une grande pureté d'arômes.

Anhui

Avec ses 50 000 tonnes annuelles, la province ne figure pas dans le peloton de tête des thés chinois, mais ce berceau de thés noirs et verts tire parti de sa situation géographique et climatique exceptionnelle. Le Keemun se caractérise par une saveur très fine et une grande douceur. Citons également quelques thés blanc et vert d'exception, comme le Huang Shan Mao Feng, considéré par les chinois comme faisant partie des 10 meilleurs thés vert de chine.

Hunan

Avec une production de 50 000 tonnes par an, les thés de la province se caractérisent par leur qualité dans la diversité avec de beaux thés noirs compressés, des thés jaunes dont le Yin Zhen « aiguilles d'argent », fameux depuis des millénaires, et de nombreux thés verts, blancs, rouges, parfumés ou sculptés comme le « cœur de Pekoe ».

Jiangsu

De petite taille, la province a offert à la Chine une de ses plus belles lettres de noblesse, un thé vert considéré comme l'un des dix meilleur qui soient, d'une rondeur et d'une douceur exquise, le fameux Bi Lo Chun, « spirale de Jade au printemps ».

Zhejiang

Cette province possède le privilège de produire LE thé de légende, objet d'un véritable culte en Chine, le Long Jing. Les plus recherchés - dont les introuvables et très prestigieux Pei Hou et Shi Feng sont récoltés et transformés juste avant la fête de la Pure Lumière, journée consacrée aux morts (5 avril). Ceux de la récolte suivante, du 5 avril à début mai, sont de très haute qualité et plus accessibles.

le JAPON

Pays légendaire du thé, le Japon est chargé d’une forte histoire empreinte de bouddhisme. La production japonaise, réalisée au pied du mont Fuji (dans la province de Shizuoka) pour l’essentiel, est importante (90 000 tonnes environ) et axée essentiellement sur les thés verts. L’analyse de ces thés met en évidence la présence de multiples vitamines et des fameux anti-oxydants. Par ailleurs, de nombreux médecins et scientifiques mettent en avant les vertus du thé vert japonais. Faut-il y voir un lien avec la longévité record du peuple japonais, grand consommateur de thé et donc de tanins ? Quatre provinces se détachent en termes de prestige, d’importance et de qualité, dans le Shikoku : Shizuoka et Kyoto (Uji) ; et dans le Kyushu : Fukuoka (et Saga, très proche) et Kagoshima, tout au sud. Les thés sont généralement récoltés d’avril à octobre. Les « sincha» correspondent aux thés first flush de première récolte et aux meilleures qualités, mais les thés japonais peuvent rester remarquables à longueur d’année, parce que conservés et continuellement stockés au froid. Il est donc important et recommandé de poursuivre cette chaîne et garder au réfrigérateur ou au frais les thés du Japon, ou, du moins, les meilleurs d’entre eux !La production japonaise est importante puisqu'elle totalise 90 000 tonnes. Elle concerne essentiellement des thés verts consommés sur le marché intérieur, avec 3% d'exportation. La notion de jardin est absente, on parle de type de thé en fonction des régions de production. Les récoltes qui donnent les thés les plus fantastiques proviennent de la région d'Uji, près de Kyoto.

Il y a 4 récoltes principales dans l'année, celle du first flush se déroulant d'avril à mai, la seconde, fin juin, la troisième est à cheval sur juillet-aout tandis que la dernière débute mi-septembre.

Parmi eux, citons le bancha, considéré comme le plus commun, le sencha, le plus populaire qui totalise 75% de la production, le tencha, un sencha de haute qualité et le Gyokuro, aussi cher que recherché, puissant, d'une grande finesse, onctueux, suave et d'une longueur immense en bouche. De l'or vert !

Saga

Bénéficiant du climat favorable du sud de l’ïle (chaud et humide), Saga produit des thés verts remarquables tels que le Sencha ou le Gyokuro.

Fukuoka

Fukuoka et plus précisément Yame est la région productrice la plus importante de Gyokuro au Japon. Le climat propice à la culture du sencha et du Gyokuro ont permis à Fukuoka d’offrir des thés réputés pour leur qualité mais aussi pour leur originalité en terme de goût (équilibre parfait entre douceur et astringence).

Kagoshima

Très réputés, les thés de Kagoshima doivent une part de leur succès aux nombreuses variétés de cultivars de la région. Dominée par de nombreux volcans et avec 20% de sa surface cultivée, Kagoshima offre des thés d’une très grande qualité aux goûts caractéristiques des thés verts japonais de Kyushu. 

Uji

Considérée comme la capitale du thé vert et berceau de la culture du thé, Uji serait à l’origine des thés japonais les plus connus (Tencha, Sencha, Matcha, Gyokuro…). 

Shizuoka

Grâce à son climat et sa situation géographique idéale, Shizuoka peut s’enorgueillir de proposer des thés variés de très grande qualité. Avec 70% de la production nationale à son actif et 20 000 hectares de plantations de thé (soit 40% de la surface cultivé pour le thé), la province dominée par le Mont Fuji produit des thés tels que le Bancha, Sencha, Gyokuro, Matcha…

Saitama

Situé au Nord de Tokyo dans le Honshu, la province de Saitama, autrefois considérée comme un haut lieu de production totalise aujourd’hui entre 2 et 2,5% de la production nationale du thé. Il existe plusieurs variétés de cultivars à Saitama et le climat plus frais génère des thés au goût sucré et dense caractéristique de cette province.

L'inde

L’Inde cultive en plaine et en montagne. Elle produit 1 million de tonnes de thé par an et exporte moins de 20 % de sa production soit 200 000 tonnes par an. Ces chiffres accompagnent l’histoire car il est établi que les indiens consomment beaucoup de thé, chez eux mais aussi dans tous les coins de rue avec le fameux «Chaï». Le premier producteur en Inde est la région d’Assam (500 à 550 000 tonnes de thé par an). Au sud, Nilgiri offre environ 350 000 tonnes de thé par an. Avec ses 87 jardins, la région de Darjeeling produit quant à elle dans les contreforts de l’Himalaya 10 000 tonnes de thé par an. Si la réputation des thés de Darjeeling est universelle, la production, en revanche, est très réduite à cause du relief, du terroir et des surfaces agricoles disponibles. Pour protéger producteurs et consommateurs, Darjeeling est doté d'une IGP depuis 2009.

Népal

Les premiers plans de théiers auraient vu le jour au Népal au huitième siècle après Jésus-Christ, grâce à un roi tibétain qui en fit don au peuple népalais en remerciement ou « échange » de la main d'une belle népalaise qui lui fut « offerte » et qui devint son épouse (ou du moins une parmi tant d'autres). Telle est la légende !

Mais la réalité est beaucoup plus proche et date de 1863 : cette année-là, le colonel Gaj Raj Singh Thapa planta les premières graines chinoises dans le jardin de Ilam à une altitude de 1060 m ; la production des thés du Népal est restée longtemps très stagnante à l'est du pays, mais, depuis une vingtaine d'années, la production s'est considérablement améliorée et a fortement augmenté, d'une part grâce à l'afflux de nombreux planteurs de Darjeeling (très proche) et par la volonté du gouvernement népalais de développer cette culture du thé ; les premiers thés certifiés bio ont été proposés dès la fin du vingtième siècle par le jardin de Guransee (qui signifie rhododendron, la fleur nationale du Népal) ; George Cannon a été parmi les premiers à importer du thé certifié bio du Népal en provenance directe de ce jardin.


Assam

Avec plus de 500 000 tonnes produites annuellement, Assam s’enorgueillit d’être la première région productrice du monde (considéré comme le « grenier à thé ») ; les immenses plantations s’étendent entre le fleuve Brahmapoutre, les contreforts de l’Himalaya au Nord, les monts Patkoi et Naga au Sud. La majorité des 2500 jardins propose essentiellement des grades C.T.C., pour le marché local et celui des sachets, mais une part belle est laissée aux thés orthodoxes, donnant des crus magnifiques d’opulence, épicés, charpentés. Trois récoltes rythment l’année : first flush en mars/avril, second flush de mai à juillet, puis venu le temps de la mousson, une récolte d’automne peut suivre mais elle est plus anecdotique. La sélection que nous vous proposons, des second flush pour l’essentiel, est issue des jardins les plus prestigieux (Mokalbari, Hattiali, Maud Sankar…).

Dooars

Niché entre Darjeeling et Assam, il comporte près de 200 vastes jardins de plaine, les 145 000 tonnes produites donnent des thés foncés, épicés, à la force moins marquée qu'en Assam, avec une touche d'astringence.

Bangladesh

Sur 60 000 ha environ, le Bangladesh produit en fonction des conditions climatiques, souvent très difficiles, de 50 à 80 000 tonnes de thé ; plus de la moitié sera vouée à l'exportation ; le district principal se nomme  SYLHET et se trouvait avant la partition en 1947 dans la région indienne d'Assam ; comme en Assam ou dans le CACHAR voisin (autre région productrice de thés en grands quantités), les plantations se trouvent pratiquement au niveau de la mer, sur des sols acides et très peu riches, parfois inondés, - traversés par les grands fleuves de l'Himalaya-, mais assez fertiles malgré tout. Tout comme pour son prestigieux voisin d'Assam, les récoltes ont lieu de mars à novembre, mais la meilleure récolte se situe au mois de juin ou juillet.

Darjeeling

Darjeeling, l'ivresse des sommets : Le plus prestigieux des thés indiens (20 000 Hectares) est situé au nord de l'Inde, sur les contreforts de l'Himalaya. Thé d'altitude, (jusqu'à 2 300 mètres), son incomparable élégance lui vaut le surnom de « Champagne des thés ». Le First Flush (FF) est vif et délicat, avec des saveurs de fruits blancs. La récolte a lieu de mi-mars à fin avril et représente 20% de la production totale. Le second flush (SF), de mi-mai à fin juin, libère des arômes opulents de muscat et de fruits mûrs. Il totalise un quart de la production annuelle. L'automnal flush (AF), débute en octobre et dure jusqu'à fin novembre. Il représente environ 7% de la production annuelle et possède un goût rond.

Kangra

Région de production au nord-ouest de l'Inde, avec une prédominance de thés verts de moyenne qualité destinés au Cachemire ( Kashmir) voisi ; située dans la vallée de l’Himachal Pradesh, Kangra est également capable de produire thés de très belle facture, notamment des thés oxydés dont le goût évoque celui des thés de Darjeeling.

Nilgiri

Vignoble d'altitude, la région réunit plus de 30 000 jardins produisant 175 000 tonnes par an en continu, grâce à la robustesse des théiers d'Assam. Les thés sont liquoreux et ronds en bouche, avec une pointe d'astringence et un certain raffinement.

Sikkim

La production et l’industrie des thés du Sikkim sont relativement récents ; il y eut un jardin créé à Kewzing, dans le sud du district, par le gouvernement indien en 1960 ; ceci pour fournir en thé les réfugiés tibétains logeant dans le camp de réfugiés très proche, à Rabongla. Malheureusement la plantation n'a pas prospéré, en raison essentiellement d'un manque d'expertise des planteurs. Mais l’idée est restée et la forêt de Témi, à une vingtaine de kilomètres au sud de Kewzing, fut choisie pour y créer, le 27 novembre 1968, un nouveau jardin de thé, connu sous le nom officiel de TEMI TEA GARDEN. Pour éviter l'erreur de Kawzing, le gouvernement du Sikkim a fait appel à un expert dans la production du thé, le britannique H.E. Young ; celui-ci a pu produire du thé orthodoxe de très belle qualité, et dont les notes gustatives s'apparentent beaucoup à celles de Darjeeling, spécialement en ce qui concerne les First Flush. Les thés du Sikkim, officiellement encouragés à l’occasion de l’Indian Union par l’émergence ‹‹politique›› du Sikkim, - relativement autonome, au point qu’il est nécessaire d’avoir un visa spécial, en plus du visa indien pour y pénétrer ! - se sont alors développés, obtenant une réputation internationale et de nombreuses récompenses pour leur qualité. Environ 500 acres de théiers - des clonals pour la plupart et des théiers de Chine pour compléter – recouvrent la plantation, située dans un décor majestueux entre 1400 et 2200 m d'altitude ; la production annuelle est de l'ordre de 100 tonnes. Depuis 2008, la plantation est certifiée bio par IMO, HACCP et ISO 22000. Mais n'a jamais entrepris les démarches nécessaires pour que la certification bio soit reconnue par les différents organismes d'importation européens et occidentaux ! Par conséquent, Témi, seul jardin de thé du Sikkim et toujours sous contrôle gouvernemental, produit du bio sans que personne ne le sache ou ne l’exploite !

FORMOSE

A Taiwan (que l’on continue à appeler Formose dans le monde du thé), on a conservé la culture du thé issue de la Chine. L’île cultive environ 20 000 tonnes par an. Peu de thés noirs et verts, mais beaucoup de oolongs très variés peu ou moyennement oxydés, avec quelques grands crus exceptionnels comme le Li Shan ou le Dong Ding dont le top en qualité est atteint à l’automne. On distingue cinq districts principaux de production : Nantou, Taipei, Hsinchu, Hua Lien et Taichung mais aussi des secondaires tels que Chia Yi. Il existe cinq cultivars principaux : Qing Xin, Si Ji Chun, Cui Yu, Jin Xuan, Tie Guan Yin et d’autres plus récents. 

Nantou

Le district de Nantou est le prolifique de tous en matière de thé : 8000 tonnes produites sur les 20000 tonnes annuelles du pays ! C’est à Nantou, que fut mis au point le process des oolongs peu oxydés et roulés, process que l’on retrouve dans les thés de haute montagne et qui était déjà pratiqué à Anxi, dans le Fujian avec les Tie Guan Yin. Les plus réputés des thés oolongs du comté de Nantou sont : les Dong Ding  (ou Dung Ding ou Tung Ting), très grands thés wulongs aux notes fleuries des plus subtiles, les Hong Shui, plus proches du fruit mûr voire compotée et les Gui Fei aux notes prononcées de miel (feuilles mordues par les sauterelles comme à Hua-Lien).

Taipei

À quelques kilomètres à peine de la capitale, Taipei, se trouvent les premières plantations de thé en étage, sur des montagnes de petite altitude, à l’est et au sud, à Pin Lin en particulier. C’est dans ce district de Taipei/Pin Lin que se concentre toute l’histoire du thé de Formose et où se retrouve en particulier le plus emblématique et le plus ancien de tous : le Pouchong (ou Bao Zhong), et ce depuis 130 ans environ ! Aussi appelé « oolong léger » (sans doute parce que, très peu oxydé) il fait penser à de nombreux thés verts, comme le Tai Ping Hou Kui du Anhui, par exemple. Le Pouchong donne des thés aux notes fleuries très développées (gardénia, jasmin) et presque pâtissières (beurre, crème). Après un léger vieillissement, des notes plus végétales peuvent apparaître.

Hsinchu

La ville de Hsinchu City et son district, également appelée « ville venteuse » (les vents y sont fréquents et réguliers), situés au Nord de l’île, accueillent de nombreux champs de thé donnant les fameux Dong Feng Mei Ren (Oriental Beauty teas). Le thé « beauté orientale » est connu sous de nombreux noms différents : Formosa oolong, Champagne oolong, Bai Hao oolong, White tip oolong, Oriental Beauty, Eastern Beauty, Pong Fong tea, Bai Mao Hou... La récolte a lieu généralement en juin et en juillet, mais également à l’automne. L’Oriental Beauty est oxydé à environ 50%-70% suivant les saisons et les qualités. La saveur est incomparable, pour les grands crus, avec un goût prononcé de miel, fruit mûr et châtaigne. 

Chia Yi

Avec Taichung, le district de Chia Yi produit des thés wulongs très prestigieux dont le fameux thé d’altitude, Ali Shan (thé différent du Li Shan), connu non seulement pour ses exceptionnelles qualités, mais aussi par les lieux où il est produit : certains théiers se trouvent à 2300-2400 mètres d’altitude (Zhong Shu Hu) et n’en souffrent pas, bien au contraire ! Ses notes « crémeuses » sont fleuries (jasmin, géranium, rose…) et légèrement meringuées et citronnées. On retrouve également à Chia Yi le très célèbre thé Gao Shan Cha, très peu fermenté et comparable par certains aspects aux Tie Guan Yin avec des arômes de fleurs blanches, de miel et de vanille. Autres thés : le oolong 4 saisons et le Jin Xuan, plus connu sous le nom de Milky oolong.

Hua-Lien

Sur la côte Est, se trouve le district de Hua-Lien, autour de la ville de Ruisui. Les plantations, en terrasse, sont situées à l’embouchure/convergence de deux rivières : Hongye River and Xiuguluan River. Les thés rouge-noirs de cette partie de l’île ont des notes prononcées de miel et de pêche ; une particularité due aux nombreuses sauterelles qui se nourrissent du suc des feuilles de thé… des feuilles qui se nourrissent à leur tour de leur salive, donnant un mélange tout particulier aux saveurs uniques. On trouve également des oolongs de haute qualité : qingxin oolong, jinxuan et jade oolong.

Taichung

Taichung est avec Chia Yi, l’un des sièges de production de thés wulongs très prestigieux. Les plantations de thé se trouvent à l’extrémité est du district, dans des zones très montagneuses. Le plus connu d’entre eux est le Li Shan aussi appelé «  le roi des thés », cultivé de 1600 à 2600 mètres d’altitude (record mondial) dans des conditions idéales (brumes, soleil,…). Le Li shan donne des thés d’une grande fraîcheur, très désaltérants, aux notes fleuries et citronnées exceptionnelles. Autre thé du district, le Gao Shan Cha, très peu fermenté et comparable par certains aspects aux Tie Guan Yin avec des arômes de fleurs blanches, de miel et de vanille. 

CEYLAN

Si les Chinois parlent de thé rouge pour les thés oxydés, les anciennes colonies anglaises (Inde, Ceylan, Kenya), ont conservé l'appelation « thé noir ». L'île de Ceylan (Sri Lanka), avec plus de 300 000 tonnes annuelles produites et exportées à 95%, dispute régulièrement le premier rang mondial des pays exportateurs de thé avec le Kenya.

Il existe trois types de plantations : les thés d'altitude situés entre 1200 et 2200 mètres, (high grown), les thés atteignant des altitudes de 600 à 1200 mètres (medium grown), et les thés de plaine (low grown).

Il existe au total sept grandes régions productrices. Nuwara Eliya, au centre-sud de l'île avec ses superbes plantations entourées de cyprés, de menthe, d'eucalyptus, donnant aux thés de ce district une fragrance unique ; Dimbula, au centre-ouest, district de quelques-unes des plus anciennes plantations de l'île, et qui donne des infusions structurées et limpides de très grande qualité ; les plantations d'altitude de Uva, à l'est de l'île et de Nuwara Eliya, et qui donnent, spécialement durant les mois d'été, des thés au mélange complexe et parfaitement réussi de force et de parfums. Uda Pussellawa, au nord de Uva, donnant également durant les mois d'été des thés d'une saveur exquise et d'une force discrète et subtile. Kandy, ancienne capitale de Ceylan, entourée des premières plantations à l'origine du thé de Ceylan et qui donnent des thés aux saveurs fortes et intenses. Au sud-ouest de l'île, enclavée entre Dimbula et Ruhuna, Sabaragamuwa offre une large palette de thés «low growns» peu corsés, ainsi que des FOP de haute qualité. Et enfin Ruhuna, au sud-ouest, avec des plantations de faible ou moyenne altitude, mais de très belle qualité, avec en particulier les jardins de Galle, Radahena, Ratnapura.

Ceylan et son fameux lion, emblème du pays, et image de marque des thés de cette île superbe, offrent des thés aux parfums puissants, vifs et réguliers (on retrouve beaucoup de notes boisées et d'artichaut). Leur aspect est généralement cuivré à Kandy, Ruhuna et Uva, et plus clair et limpide à Dimbula, Nuwara Eliya et Uda Pussellawa. Ils se dégustent purs ; mais certains amateurs apprécient d'y ajouter le fameux nuage de lait.

Nuwara Eliya

Au 2/3 de l’île, bien au centre, entre 1600 et 2000 mètres d’altitude, le district de Nuwara Eliya fait penser à un cirque ovale, surplombé par la ville éponyme, à 1902 mètres d’altitude, à l'abri et à l’ombre de la plus haute montagne du pays, le Pidurutalagala. Les plantations de thé qui tapissent les montagnes font partie des plus magnifiques qui soient. Peu nombreuses, la qualité est toutefois au rendez-vous et les thés de ce district se distinguent par leur parfum particulier. Ici, les théiers sont entourés de cyprès et d'eucalyptus, de menthe sauvage… La liqueur des thés (notamment ceux de mars/avril) offre des notes fraîches, fleuries et printanières. Les feuilles, aux parfums déjà puissants, envoutants et subtils, sont d’un vert plus clair qu’ailleurs, avec des reflets dorés. Ce sont les « blooms », signe de très haute qualité qui caractérisent aussi les Darjeeling first flush !  

Dimbula

Dimbula (ou Dimbulla) est, avec Kandy, le plus ancien district de plantation de thé de l’île et est resté une région relativement sauvage et peu habitée. Comme pour les autres districts, le climat et l’altitude, qui subissent des variations importantes d’un mois à l’autre, ont une grande influence sur les récoltes et la qualité du thé. Les thés sont cultivés entre 1100 et 1600 mètres d’altitude, mais en réalité, presque tous les jardins se trouvent à plus de 1250 mètres d’altitude. Dimbula est donc « la » région des thés highgrown. De fin décembre à fin mars/mi-avril, Dimbula profite d’un climat favorable au thé. C’est à cette période, la « quality season », que sont produits les meilleurs thés, qui se caractérisent par une feuille assez petite et une périodicité de récolte plus longue qu’en plaine. La saveur, très parfumée et aromatique, évoque souvent, au meilleur de la saison, un mélange fleuri (jasmin) et végétal/boisé (cyprès), laissant un goût très frais en bouche, apportant une sensation de bien-être désaltérant et une très belle longueur en bouche. Les thés produits sont principalement des thés à feuille brisée (BOP), mais on trouve aussi d’excellents thés à feuille longue (OP, OP1, BOP1).

Uva

Uva est le district de thé le plus éloigné de Colombo. Le thé est cultivé de 1000 à 1600 mètres d’altitude. Les thés d’Uva ont des feuilles très noires, un « nez » singulier, où les notes puissantes, boisées, mentholées et rappelant l’artichaut se retrouvent dans une tasse aux saveurs incomparables, mélange d’une force peu commune, légèrement piquante et d’une grande palette de parfums et d’arômes très murs, à en devenir onctueux. Les thés d’Uva se déclinent essentiellement en thés à feuille brisée (BOP) et en feuille broyée (BOP Fannings, Fannings et Dust). On y trouve peu de thés à feuille longue. Comportant une centaine de jardins, le district d’Uva, très étendu, se subdivise en un nombre important de sous districts. C’est à Malwatte que l’on trouve le fameux quintet des jardins les plus réputés d’Uva : Saint James, Neluwa, Aislaby, Uva Highlands et Attempettia.

Uda Pussellawa

Uda Pussellawa est le plus petit des sept districts ceylanais producteurs de thés, coincé entre ceux de Kandy et d’Uva, sur les pentes et collines de l’est de l’île. Ce district est totalement tapissé de théiers, car l’une des particularités d’Uda Pussellawa est de ne pas abriter de grande ville sur son territoire mais uniquement des villages, constitués pour la plupart de travailleurs et ouvriers du thé. Uda Pussellawa bénéficie de conditions climatiques très favorables et diamétralement opposées à celles des plantations de l'Ouest. On compare assez logiquement les thés d’Uda Pussellawa avec ceux de Nuwara Eliya, dont ils sont géographiquement très proches. Mais l’on peut noter quelques différences. La principale étant due à non pas une mais deux périodes de récolte de qualité dans l’année. L’une à l'ouest, de janvier à avril « western season » avec des thés de haute qualité ayant du corps mais dont la liqueur délivre des notes parfumées et fleuries. L’autre, légèrement supérieure, à l'est, de juillet à septembre « estearn quality season ». La liqueur offre des notes parfumées, délicates subtilement fleuries, où l’on retrouve la rose et pas mal de corps, un mélange riche et abouti de caractère et de douceur. Les thés d’Uda Pussellawa sont cultivés entre 950 à 1600 mètres d’altitude. Ce sont donc des « middle » et « high growns ». Uda Pussellawa décline, en fonction de l’altitude et du relief, avec un égal bonheur tous les grades et types de thé, feuilles longues, brisées et broyées.

Kandy

Les premières plantations de thé de Ceylan sont originaires de Kandy, au premier rang desquelles Loolecondera, plantation créée par James Taylor, qui repose à Kandy. Les thés de la région de Kandy sont situés à une altitude allant de 650m à 1300 mètres. Ce sont essentiellement des « middle-grown ». La plupart des plantations de Kandy se trouvent sur les pentes ouest des collines si bien que le meilleur thé est produit durant le premier trimestre de l'année, quand le temps sec et relativement frais s'installe et prédomine dans le district. Les thés ont du corps, restituant à la tasse une assez grande force et manifestant beaucoup de présence, avec un bel équilibre entre corps et puissance ; les liqueurs très lumineuses sont profondément colorées (rouge cuivre), d’où ressortent des notes boisées et d’artichaut. Kandy produit tous les grades de feuilles : des FOP pointés et des OP de très belle facture ; d'excellents pekoe, FBOP et BOP ; des Fannings et autres thés à feuilles broyées relativement forts. Kandy a commencé à produire des thés CTC ; la qualité a du mal à atteindre celle des thés orthodoxes.

Sabaragamuwa

Cette large bande enclavée à l’est entre Kandy, Dimbula et Uva, à l’ouest par Ruhuna est sans doute plus connue pour contenir en son sol des pierres précieuses de toutes sortes : rubis, améthystes, œils-de-chat, saphirs, et de nombreuses autres variétés de pierres. Pourtant, Sabaragamuwa est le plus prolifique des sept districts producteurs de thé et propose un certain nombre de pépites à savourer. La majorité des théiers poussent à relative basse altitude, d’un niveau proche de celui de la mer jusqu’à 800 mètres d’altitude. Ce sont donc, essentiellement des « low growns ». La cueillette a lieu à longueur d’année à un rythme très rapproché. Les thés (OPA, variante de l’OP) sont très forts aux saveurs moins subtiles que celles de Nuwara Eliya, Uva et Uda Pussellawa. Mais de la tasse très colorée et cuivrée se détachent nettement des notes boisées, charpentées, légèrement minérales, rappelant aussi l’artichaut,  et le caramel, dans certains cas. Quelques jardins en altitude un peu plus élevée, à la limite des « low grown » / « middle grown », vont bénéficier d’une sorte de micro climat. Avec un résultat, à la tasse, évoquant, toujours de loin, les flaveurs des thés d’Uva. Ces thés, s’ils représentent moins d’attrait pour les amateurs de thés très corsés, ravissent les amateurs de thés plus moelleux, plus doux, comme peuvent l’être certains thés à feuille longue très pointée (FOP/FBOPF EX SP).

Ruhuna

Tout comme Sabaragamuwa, Ruhuna est un très grand district ; et comme son grand voisin dont il est mitoyen et épouse toute la région sud-ouest, il a la forme d'un rein. A eux deux, Sabaragamuwa et Ruhuna assurent 60% de la production de thé du pays, soit environ 200 000 tonnes. Poussant depuis niveau de la mer jusqu'à 600 mètres d'altitude, les thés  de Ruhuna sont donc uniquement des « low growns ». Le rendement des récoltes est assez remarquable et permet de revenir sur le même lieu de production tous les 4 ou 5 jours. Les thés de Ruhuna, en dehors de la période de la mousson de juin à septembre, vont donner des thés soutenus à la liqueur d’un rouge cuivré intense, épais. En plaine et au niveau de la mer, Ruhuna excelle aussi bien par des thés à feuilles longues que des thés à feuille brisée, avec un dénominateur commun : la force ; cette force est cependant tempérée pour tous les thés cultivés à petite altitude ; c'est le cas des thés à feuilles longues aux nombreux tips dorés, les fameux FOP. Après des débuts difficiles, Ruhuna s'est lancé dans la production des thés verts et blancs. Sans atteindre bien entendu le niveau de qualité des thés de Chine et sans offrir, loin de là, un choix aussi vaste et intéressant, Ceylan propose néanmoins une gamme de thés non oxydés tout à fait honorable. Les quatre sous-districts de Ruhuna offrent une terre au sol particulièrement riche et propice à la culture du thé,  dont les jardins les plus réputés se nomment pour les FOP : Evergreen, Rekadahena, New Vithanakande, Dellawa, Tea Bank, Madola, Kelani, Adampaha, Yalta.


CAUCASE

Caucase

La culture du thé ne s’est développée dans le Caucase qu’à la fin du 19ème siècle. Deux pays se distinguent en terme de production : la Turquie et l’Iran.

Turquie

145 000 tonnes sont produites en Turquie, au bord de la mer Noire. Les théiers supportent les fortes variations de température et la neige hivernale. Les thés, noirs et à feuilles brisées, sont un peu rudes et peu exportés.

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Iran

En Iran, les révolutions ont moins atteint les plantations que chez son voisin azéri. La production avoisine les 55 000 tonnes de thés noirs très forts... mais très appréciés des iraniens.

LE LAOS

Le Laos produit des quantités confidentielles. Rares sont les importateurs à avoir accès à ce marché très restreint, mais la société George Cannon a été l'une des premières à en détecter le potentiel, dès 1998, important un thé à peine fermenté à la qualité très prometteuse.

LA corée du sud

Pays de grande tradition de thé, cultivé essentiellement dans les provinces du sud : Jeolla, Gyeongsang et Jeju-do, et plus particulièrement dans les districts de Boseong, Hadong et l’île de Jeju-do ; les moines bouddhistes ont joué et continuent à jouer un grand rôle dans la culture du thé, qui peut être dégusté lors de cérémonies du thé particulièrement élégantes. Notre sélection de thés 100 % Bio est représentative des principales qualités offertes par ce pays.

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LE vietnam

Le Vietnam sait travailler toutes sortes de thés. Orthodoxes, noirs, verts, wu-longs et fleuris, le jasmin et le lotus en sont les plus beaux fleurons. Maintenant qu'il a retrouvé une certaine stabilité, le pays est appelé à devenir un acteur majeur du monde du thé.

l'indonésie

L'Indonésie fait partie des producteurs les plus importants en volume avec 180 000 tonnes par an. À Java, Sumatra, thés verts et noirs sont répartis équitablement. Des jardins comme Kassomalong ou Taloon donne des thés fleuris, agréables et assez charpentés.

L'afrique

Afrique

L’Afrique produit du thé depuis plusieurs siècles déjà et se positionne sur le marché grâce à quatre principaux pays producteurs ; citons le Kenya (1er exportateur mondial de thé ; parfois deuxième selon les années), le Cameroun, la Tanzanie et le Malawi. D’autres pays d’Afrique tel que le Rwanda et le Burundi produisent également du thé mais en petites quantités. Enfin, L’Ethiopie, le Zaïre, le Mozambique, l’Ouganda et le Zimbabwe complètent cette production. 

ARGENTINE

Amérique du Sud

Grande productrice de café, de plantes diverses (dont le fameux maté, boisson nationale en Argentine), l'Amérique du Sud produit des thés, noirs pour l'essentiel, et presque exclusivement à feuilles brisées. Ils sont surtout recherchés pour les blends (mélanges). Citons l'Argentine, le Brésil, l'Equateur et le Pérou.

Argentine

Les premières récoltes de thé en Argentine datent de la fin de la deuxième guerre mondiale ; les plantations se trouvent dans les régions nord proches du Brésil ; à 90% dans le district des « Misiones » (le même que pour le maté) et 10% dans le district des « Corrientes ». Les conditions climatiques sont moyennement favorables à la culture du thé, qui s'étale d'octobre à avril ; 100% des thés sont des thés oxydés orthodoxes, la plupart à feuille brisée ; 90% sont destinés à l'exportation, et sont dans la plupart des cas inclus dans les mélanges « phare » des leaders mondiaux du marché du thé. Les récoltes annuelles tournent entre 70 et 90 000 tonnes par an.

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brésil

Brésil

La culture du thé au Brésil a démarré en 1818 grâces à Dom Joao VI, qui fit planter des graines de théiers chinois dans les jardins botaniques de Rio de Janeiro ; la présence d'experts chinois permit un bon démarrage et donneront des thés de qualité très correcte ; la culture du thé fut étendue vers des régions à climat plus favorable, telles que le Minas Gerais et Sao Paulo. Mais rapidement, les plantations furent moins bien entretenues et les récoltes périclitèrent.

Un japonais, Torazo Okamoto, relança la culture du thé au début XX siècle ; il commença par le thé vert et fit venir de son pays le matériel approprié ; il importa également des graines de théiers d’Assam et du Sri Lanka. Mais comme pour le voisin argentin, les récoltes, (qui ont lieu à peu près sur la même période d'octobre à avril) donnent des résultats mitigés et la plupart des thés récoltés (environ 15 000 tonnes de thé par an) sont voués à l'exportation (80%) et aux mélanges des multinationales du thé ; quelques lots cultivés au sud de Sao Paulo échappent à ce circuit.